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 Sigismund Koeller

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AuteurMessage
Tsu



Date d'inscription : 31/01/2017

22092017
MessageSigismund Koeller

Sigismund Kœller
( Sale menteur … ! )

Sigismund Kœller, n'était pas celui que vous pensiez, ha çà , non !!! Ho, je sais , on ne doit pas toucher à une icône, Sigismund était la fierté alsacienne, son aura s'étendait jusqu'en Bavière...sur toute la Germanie. Mais je vous le dit, moi!!!Sigismund Kœller n'était pas celui que vous croyiez. Et, je dois au moins lui rendre çà, il a su tromper son monde, çà c'est vrai qu'on ne pouvait pas le lui enlever.

J'étais en classe avec Sigismund, on était même l'un à coté de l'autre. On se retrouvait sur le chemin de l'école et le soir on rentrait ensembles. Autant dire, qu'on a passé une sacrée partie de notre vie à moins d'un mètre l'un de l'autre. On habitait un petit village, au nord. Enfin quand je dis au nord, entendez le nord de l'Alsace. La vraie Alsace, quoi ! Pas celle des touristes. Les poutres des maisons étaient noire, notre village était Calviniste, mais çà se passait bien avec les villages Luthériens, sauf quand y avait match… Mais çà ne chauffait pas trop, parce qu'il y avait toujours un gars de notre équipe ou de celle d'en face qui avait besoin de renseignement sur telle ou telle fille du village d'à coté. Donc, on jouait virile mais on se rendait mutuellement service.

Sigismund se mettait toujours en avant, en fait, c'est même pas qu'il se mettait en avant, c'est qu'il était un leader naturel. C'était le plus souvent lui qui effaçait le tableau, ensuite, il fût nommé presque tous les ans délégué de classe et au foot c'était lui le capitaine. Moi, çà ne me dérangeait pas spécialement, même si à un moment j'ai trouvé çà assez chiant, surtout pour les filles, c'est bien simple, pour elles on était des deuxièmes choix. Il avait même eu sa photo dans le journal pour avoir sorti une grand-mère tombée dans un lac alors qu'il ne savait même pas nager et que c'était moi qui avait fait tout le travail. Mais, c'était comme çà, un journaliste était arrivé et lui avait naturellement posé des questions sur son intervention héroïque. Et à la fin de l'année, quand la mairie avait fait son repas, il avait été cité en exemple… un exemple pour la jeunesse. On m'avait tapé sur l'épaule en me remerciant d'avoir été là aussi.

Puis, nous sommes rentrés au lycée, nous avons continué à être l'un à coté de l'autre. Là, encore, Sigismund était toujours en avant. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il fût nommé capitaine de notre équipe d'athlétisme, alors qu'il courrait moins vite que moi. C'est bien simple, je gagnais les courses et il allait recevoir la coupe. Et tout le monde trouvait çà normal. Bon, moi je m'en foutais, ce qui m'inressait, c'était de gagner la course, mais çà vous permet de mieux cerner le personnage. Et puis, moi comme les autres, on ne pouvait pas lui en vouloir, c'était comme çà et il ne faisait rien pour. Il était comme qui dirait, né pour être devant, au sommet.

Lui et moi, je crois bien, en tous les cas je n'en ai pas le souvenir, on ne s'est jamais disputé. On pouvait ne pas être d'accord, d'ailleurs c'était assez souvent le cas. Mais çà n'avait pas d'importance et puis à la fin on finissait toujours par l'être. Quand çà n'arrivait pas, on décidait qu'on ferait soit comme il voulait, soit comme je voulais et que la prochaine fois on ferait le contraire. On a fait nos quatre cents coups, comme tout le monde, on a fumé notre première cigarette en même temps, bon , d'un autre coté, elles venaient du même paquet… Notre première cuite, un samedi soir, notre premier soir de permission, à l'armée, on était tombé ensemble...En Bretagne en plus, Base Aéro-Navale de Lann Bihoué. Et, bien, je peux vous le dire, c'était pas une légende, ils picolaient sec là-bas. Du coup, c'est à Lorient, prêt du port qu'on a trempé pour la première fois notre biscuit. A notre deuxième week-end de permission, çà nous a coûté une partie de notre solde, et pas que cette foie là. Après, on a réussi à faire çà gratuitement, mais pas toujours avec les plus belles.

Après trois ans chez les marins, sans même être monté sur un bateau, çà a été la quille. On est rentré. Moi, j'ai finalement prit la suite de mon père dans sa librairie et Sigismund celle de son père dans son agence d'assurance. Ça lui allait bien, c'est tout juste si les clients ne faisaient pas la queue devant son agence pour pouvoir signer un contrat chez lui. Pour moi aussi, tout allait bien, et sur ce coup là, je dois bien avouer en toute modestie que pour les filles, j'avais un petit avantage sur lui. On m'avait toujours dit que les nanas craquaient quand elles voyait un gars en train de lire mais je pensait que c'était une légende. Et puis, il avait fallu que je laisse un peu de côté mon éducation Calviniste et là, je dois bien leur rendre çà, mes années de militaire en Bretagne m'y avaient bien aidé. Bref, je ne sortais plus jamais sans un livre sous le bras.

Sigismund s'est marié assez rapidement, moi non ! Et je crois bien qu'au bout de quelques temps, çà l'a rendu jaloux. Je profitais des bons moments, j'avais assez souvent une jolie fille à mon bras, des moches aussi parfois. J'allais à des soirées littéraires, prendre des verres le soir, alors que lui devint rapidement papa.. puis re-papa. Alors, on passait moins de temps ensembles, pas les mêmes préoccupations. J'allais un peu moins souvent chez lui, peur de gêner et aussi, faut bien dire que je n'étais habitué à ces soirées famille, avec des gosses qui pleuraient, qu'il fallait aller voir toutes les dix minutes. Pas plus que je n'étais habitué à ces soirées avec madame, ou maman dans certains cas, bref çà m'emmerdait en réalité. J'avais l'impression qu'il n'osait plus être lui même. Lui, ne venait presque jamais chez moi, où en vitesse entres deux rendez-vous, quasiment jamais en dehors des heures du boulot. Je pense même qu'il ne le disait pas à sa femme de peur de se faire engueuler.

Et puis, il y a eu l'événement !!! C'est dingue comment un petit truc de rien du tout peut te changer la vision des choses. La vision que tu as des gens aussi. Enfin, quand je dis un petit truc, c'est pas tout à fait çà. Parce que, que les choses soient claires, certes nous nous étions peut-être un peu débarrassé de certains cotés, disons, rigides de notre éducation calviniste, mais certaines choses demeurent malgré tout. Tu peux faire ton rebelle, tu peux passer par plusieurs stades, et c'est normal, comme on dit chez nous, et chez vous aussi, d'où que vous venez, il faut bien que jeunesse se passe. Alors, OK… nous avons passé notre période branleur, bien que moi, honnêtement, je ne suis pas certain de ne pas y être resté. Mais on ne peut aller contre notre nature, contre nos racines, contre ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes, merde !!! Et nous, nous étions des Alsaciens, s'il y a une chose sur laquelle, je sais que çà peut paraître con, je ne rigole pas, je ne ment pas, c'est la choucroute…. Et Sigismund et moi, et d'autres aussi, bref ceux de notre age, allions enfin être intronisés dans la grande confrérie de la choucroute d'or. Ce fut, une journée qui était telle que nous l'avions toujours espérée, même si, et vous comprendrait un peu plus tard, il y eut pour moi, un petit bémol quand ce fut au tour de Sigismund de faire son discours et de vanter son attachement à notre chère choucroute. Il savait ce que je pensais de son intronisation, et pour une fois nous ne fûmes pas d'accord, mais bon, c'était un plus pour son image, pour son cabinet d'assurance et pour sa femme. On s'éloigna un peu plus l'un de l'autre, il avait comme qui dirait franchi une ligne rouge pour moi. Mon coté calviniste qui reprenait le dessus peut-être.

Le coup de grasse de notre amitié eut lieu un dimanche, en Septembre, enfoiré de mois de septembre. C'était le jour de notre première assemblée, autant dire un jour sacré pour nombre d'entre nous. Pour moi, ce jour aurait dû tout bonnement être férié, bon en même temps, c'était un dimanche. Et ce jour là, Sigismund Kœller fût nommé, président en second de la grande confrérie de la choucroute d'or !!!!! A ce moment, comment vous dire, je fût dans un état second, je marchais au ralenti, les voix semblaient plus grave, comme dans les films de science-fiction. Je me vois encore me lever, jeter ma toque, m'approcher du président, lui jeter la serviette que l'on portait tous à la ceinture, en lui disant : Adieu. Il n'y eut pas un mot, la surprise était si énorme, et plus personne ne me revit à la moindre réunion. Et malgré l'insistance de beaucoup, je ne justifierai jamais mon coup d'éclat jusqu'à aujourd'hui. Mais Sigismund Kœller, lui, savait et ne me parla jamais de ce moment, d'ailleurs, à partir de ce jour, nous ne nous sommes jamais plus vraiment parlé.

Alors pourquoi maintenant, après toutes ces années, me direz-vous ?? Parce que aujourd'hui, dans le journal, je vous rappelle que je suis libraire, donc que je sais lire, je viens de voir que ce week-end, l'impensable, l'inimaginable allait se produire, Sigismund Kœller sera intronisé président de la confrérie. Mais je vous le dis, moi, ceci est un scandale, ceci ne devrait pas être, car Sigismund Kœller, l'alsacien modèle, Sigismund Kœller l'homme par qui la lumière arrive, Sigismund Kœller mon cul n'est pas celui que vous croyez !!! Sigismund Kœller n'est qu'un sale menteur, ho ! Je sais, je salit l'icône. La jalousie et la frustration ont eu raison de moi. Que neni !!! Sigismund Kœller vous a caché un terrible, un honteux secret.

Alors, je vous le dit : Qu'il en soit ainsi : Sigismund Kœller, l'alsacien modèle n'a jamais aimé la choucroute !!!!


D.C
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Sigismund Koeller :: Commentaires

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Re: Sigismund Koeller
Message le 05.10.17 0:34 par Claire Obscur
ach bench, ne pas aimer la choucroute ! Oui c'est un scandale !!! non mais !
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Re: Sigismund Koeller
Message le 09.10.17 15:39 par Vividecateri
("mais je pensait .... je salit .... attention....relis toi ,il doit encore y en avoir...."
) mais j'ai bien rigolé du fait de la choucroute of course.... Kissous
Re: Sigismund Koeller
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Sigismund Koeller

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