Les Mots Z’Arts Voyageurs (Voyagination)

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 Dragan Stlivoc

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AuteurMessage
Tsu



Date d'inscription : 31/01/2017

14092017
MessageDragan Stlivoc

[size=32]Dragan Stlivoc[/size]

On a écrit beaucoup de choses sur l'intervention, on lui donnait même des noms différents selon le camp dans lequel on se trouvait. Officiellement, pour nous, c'était : « Campagne d'apaisement et de paix « . Mais, la seule chose vraie qui restera, quelque soit notre camp, c'est que ma brigade, « La cohorte du Sud », a été la première à entrer en terre promise,c'est comme ça qu'on appelait la zone centre-ouest.

Je suis Dragan Stlivoc, le capitaine de la Cohorte du Sud, et sans vouloir paraître vantard, nous étions l'élite, ceux dont nos ennemis souhaitaient de pas entendre prononcer le nom. Donc, la pire des pires troupes de cette guerre, parce qu'il faut bien dire les choses à un moment….c'était une guerre. Et nous, quand je dis qu'on était craint… mais vraiment, c'est qu'en réalité on était les pires tueurs de notre armée. Même ceux de notre camps nous craignaient. Quand on arrivait dans une caserne ou dans à un bivouac, les autres s'écartaient, on choisissait le bâtiment dans lequel on allait dormir, lorsque l'on allait manger, on se servait en premier, on choisissait une table et si il y avait déjà un mec, on avait rien à lui dire, il se levait et dégageait.

Et que dire de nos chefs….ha, nos chefs !! Ils nous donnaient certains objectifs, enfin, disons qu'il nous demandait notre aide, et ne regardaient pas du comment...ils avaient toujours le résultat qu'ils souhaitaient à la fin. Donc, pas de problème avec les...surprises collatérales…  Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous allions sur les points les plus chauds….de vraies missions suicide, et pourtant, depuis maintenant dix huit mois, que la cohorte avait été formée, soit trente hommes (enfin quand je dis « hommes », il y avait aussi des femmes), nous n avions perdu personne… dix huit mois de conflit, et pas une seule perte...ça aussi, ça avait contribué à notre légende. Nous étions dix sept hommes, et treize femmes, tous venus de milieux différents, d'ailleurs, aucun n'était dans l'armée avant. On pourrait dire qu'on a appris le métier sur le terrain. Les meurtres, tortures, saccages...Faut bien avouer que ça te forme. Nous n'avions plus de contact avec nos familles, ni avec nos proches, et heureusement, comment auraient-ils réagi. Mais, c'était la guerre !! Enfin non, nous étions en « Campagne d'apaisement et de paix ». Donc, nous étions du bon coté, et étions la fierté des nôtres, du pays même . C'est certain, on rentrerait plein de gloire quand tout serait « apaisé ». Plus tard, ils feraient des films sur notre histoire, enfin, sur celle dont ils peuvent tirer quelque chose, qui peut leur servir.

Je me souviens de la première personne que j'ai tuée...moins des autres, mais la première oui. C' est après cette mission d'ailleurs, que la Cohorte du Sud a été crée. En réalité, elle n'a pas été crée...elle s'est plutôt crée toute seule. Rien à voire avec nos origines, c'est juste que la mission était en secteur Sud. On s'est retrouvé à une trentaine, coincés, et finalement, on s'en est sortis...et pour tout dire, on a fait un véritable massacre, un chef œuvre apocalyptique. Au petit matin, tout n'était que cendre, odeur de sang, quelques lamentations que l'on faisait taire à coups de couteaux. C'est la veille, que nous étions vraiment dans le vif de cette « Campagne », qu'on est vraiment entré en guerre. C'était une fille, vingt ans maxi, armée jusqu'aux dents...et c'était elle ou moi. La larme qui a coulée était un mélange de sang et d'eau salée, elle m'a souri, et j'ai eu la vague sensation de ne pas être du bon coté. La nuit a été ce que l'on peut imaginer de pire. Et le lendemain, vers midi, la Cohorte du Sud était née, et j'en étais le chef !!! Quelques mois avant, j'étais boulanger, un des meilleurs, il y avait toujours une bannette à l'entrée de ma boulangerie, et les plus pauvres avaient toujours du pain à disposition.

Au bout de tout ce temps de conflit, on allait de zones détruites en zones mortes, il n'y avait bientôt plus rien à massacrer, bientôt plus personnes à tuer. Plus de renseignements à avoir, toutes les richesses avaient été reprises, la fin était proche. Il ne restait plus qu'une petite bande de terre sur laquelle s'étaient concentrés nos ennemis, et ils combattaient avec courage, pour rien, certes, mais avec courage. Alors on a reçu l'ordre. C'était assez simple, il fallait nettoyer, ne pas faire de prisonniers, empêcher toutes évacuations, en gros, il fallait rendre cette zone propre et nette.

On nous a déposé à environs dix kilomètres, pas le choix, on aimait marcher un moment, histoire de monter en adrénaline… et en bave. Donc, le commandement n'a rien répondu, il nous ont déposé là où on leur avait dit. Pas non plus de renfort de telle ou telle force ...les unités dans le coin, resteraient à une vingtaine de kilomètre de la ligne, juste pour faire barrière…. Pas question qu'ils viennent nous emmerder sur notre terrain de jeu.

On a marché de manière à arriver dans le premier village, ou premier camp, on ne savait pas exactement ce que ça allait être, en soirée. Il y avait deux choses qu'on aimait bien, la première c'était d'arriver en soirée….ça laissait le temps à la rumeur de se propager. La deuxième c'était d'imaginer ceux qui seraient les prochains sur notre route, ils savaient que nous n'étions plus à présent une lointaine rumeur pour, et que bientôt, ils apercevaient les colonnes de poussière…. Donc de mort !

La nuit passée, nous avons repris la route, pour notre prochaine prestation…. Une sorte de petite ville close, normalement cinq ou six milles habitants, mais certainement dix fois plus. Avec un nom à la con, si on traduit leur dialecte, c'était un truc du genre « inattendu ». Il n'y avait eu aucune surprise pour nous depuis les dix-huit derniers mois, aucune joie, aucune tristesse, nous étions des machines. Mais tout peut arriver, surtout quand on se dirige vers « Inattendu ». On s'est arrêter à environs deux kilomètres, et la cité était là, devant nous. Une petite cité et sur la seule route qui semblait arrivée jusqu'à elle, juste à l'endroit où l'on s'était arrêter, il y avait une ligne rouge tracée en travers.

Quelques blagues ont fusé, c'était l'heure de se ravitailler, donc on pouvait bien attendre avant de franchir la ligne rouge. Autant faire durer le suspens….Nous étions la mort, et nous ne savourions même pas ce moment précedant ce qui n'allait certainement pas être une bataille, encore moins un combat. Celà faisait bien longtemps que nos n'étions plus que des tueurs, bien loin des héroïques combattants dont les petits enfants dévoraient les exploits. Nous étions les semeurs de mort de la mère patrie, et sans le savoir, nous n'étions que les sales laqués de quelques industriels… Puis le vent s'est mis à souffler, les grains de sables à voler, il était temps !!!

Nous avons remis tout dans nos sacs, vérifié nos armes, embrassé nos couteaux et nous avons franchi la ligne rouge. Quand il te reste deux kilomètres à parcourir, tu peux le faire de plusieurs manières, soit en accélérant le pas, pressé, soit lentement car la fatigue est là, soit, comme c'était souvent le cas pour nous, sans y prêter attention. Alors, c'est ce que nous avons fait. Nous avions notre propre pas, notre allure propre et nous n'avons même pas remarqué quand le vent s'est arrêté, et sans même l'avoir remarqué, nous marchions moins vite. Nous regardions le paysage, nous regardions la cité, certains regardaient même le ciel, pourtant, qui se souvenait avoir vu ou entendu un oiseau. J'ai fait signe à la cohorte de stopper, c'était la première fois que je donnais un tel ordre à un tel moment, et croyez moi ou pas, mes hommes se sont arrêté sans la moindre hésitation, sans la moindre surprise. Il y avait quelque chose de différent dans l'atmosphère, c'était palpable, c'était inexplicable. Inattendu ! Je regardai mes hommes un par un et aucun ne montrait de signe d'inquiétude. J'en ai même vu qui avaient un sourire, mais pas nos sourires de tueurs avant le massacre. Non ! Et c'est là, que j'ai su pourquoi tout était différent. C'était le calme, mais comment vous décrire çà, pas le calme avant la tempête, notre tempête en l'occurrence, non ! Le vrai calme, l'endroit était serein, on ne sentait pas la peur venant de la cité, alors que bientôt elle ne serait que cendre et corps brûlés, massacrés.

Je me souviens de ma boulangerie, quand je créais de nouveaux pains, si les gens avaient su que bien souvent, ils naissaient de mes erreurs. J'ai créé des viennoiseries dont tout le monde parlait dans le pays, en me trompant soit de moule, soit de temps de cuisson. Alors, je sais bien que c'est par surprise que les changements arrivent, que du néant peut surgir un miracle.

Nous n'avons rien vu au départ, de toute façon, c'était comme à chaque fois, des animaux derrière de murs attendant la mort et souhaitant la mort et souhaitant qu'elle soit le moins atroce possible mais sachant pertinemment que ce se serait pas le cas.

A suivre…….
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Dragan Stlivoc :: Commentaires

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Re: Dragan Stlivoc
Message le 09.10.17 15:51 par Vividecateri
oups
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Re: Dragan Stlivoc
Message le 25.10.17 14:25 par Claire Obscur
Ben alors ? c'est quoi le truc ?
Re: Dragan Stlivoc
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Dragan Stlivoc

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