Les Mots Z’Arts Voyageurs (Voyagination)

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 Pêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme

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Claire Obscur
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Date d'inscription : 10/01/2016

30092016
MessagePêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme




Elle avait garé sa voiture non loin de la maison familiale où elle revenait chaque année, mais avant même de déposer ses bagages, elle avait décidé de faire un tour sur la plage et de reprendre contact avec cette nature qui lui avait tant manqué…


L’étendue de sable doré offrait un espace confortable. Elle était debout, assez loin du sable mouillé, et suffisamment proche de l’eau pour en écouter les vagues particulièrement agitées. La mer, majestueuse, cette année, se donnait des allures d’océan déchaîné. Elle avait rarement vu tel spectacle.


Quelque chose toutefois interpela la jeune femme : avec de telles vagues, que les baigneurs ne se sentent pas d’attaque, elle pouvait le comprendre, mais qu’aucun surfeur n’ait encore pointé son nez… Cela la laissait perplexe.
Le fait que la plage soit complètement déserte à cette heure et en cette fin de période estivale, était des plus curieux. Un souffle léger de malaise la traversa, balayé aussitôt par le vent et le soleil qui caressaient sa peau.


Elle venait de faire une longue route, et son trajet achevé, elle avait répondu sans différer au désir qui l’avait obsédé durant toute une année… Se laisser aller à écouter les vagues, regarder le ciel, l’eau, l’écume et s’adonner à quelques rêveries paresseuses. Peut-être même mettre les pieds dans l’eau… Les pieds seulement, car elle était du genre à avoir besoin de plusieurs jours pour s’acclimater à la chaleur et au plaisir de s’ébrouer dans cet autre élément qu’offrait la planète.
Elle se morigéna, quelle poisse d’être ainsi faite ! Que de précieux jours perdus à faire la chochotte avant de se lancer à l’eau… En plus, sauf si elle n’était pas en grande forme, elle avait remarqué que sa capacité à rentrer dans l’eau était aisée comparativement à certaines personnes qui entraient très progressivement… Elle, elle pataugeait, quelques secondes jusqu’aux genoux, vu sa taille de toute manière, une vague ou une écume un peu plus joueuse avait tôt fait de l’éclabousser ou de l’immerger jusqu’à la taille… Une fois le maillot de bain mouillé… à quoi bon hésiter ?… Froide, ou pas, elle y allait… Parfois, cela lui coupait le souffle, mais très vite, elle sentait la chaleur s’installer autour d’elle, l’eau était plus chaude que le vent froid qui balayait souvent les côtes, et lorsque le temps était gris, l’eau était encore plus délicieuse… Alors pourquoi ne pas prendre son courage à deux mains dès le premier jour ?
Les vagues, aussi gigantesques soient-elles n’étaient pas de taille à lui faire peur. Elle savait faire fi du regard des autres et se laisser aller à faire l’enfant en riant, sautant, jouant, et plongeant dans les vagues fracassantes qui la roulaient parfois comme un fétu de paille et la ramenaient doucement sur le rivage…



Non, décidément, elle n’y arriverait pas. Son temps d’acclimatation réclamait son dû.


Puis, le désert de la plage et des alentours revint la titiller… Les appartements à deux étages, les maisons individuelles qui laissaient les balcons et les jardins vides, les rues étroites qui à l’ordinaire se parsemaient de promeneurs, d’enfants, de rires, de kiosques de restauration rapide où les clients s’asseyaient,affichaient aujourd’hui  un calme plat. Même si la saison estivale ici, ne connaissait pas le grand rush exacerbant des lieux très à la mode, ce manque d’ambiance était surprenant… Elle se mit à sourire en regardant au loin la plateforme qui avait été installée. Il y avait certainement eu une grande fête au village hier au soir, avec musique et insomnies à gogo garanties pour tout le monde… Elle assisterait donc au réveil tardif des citadins et vacanciers ce qui, elle n’en doutait pas, ne manquerait pas de s’opérer bientôt…


Pour l’heure, cependant rien ne l’importait plus que jouir de ce soleil bienfaiteur.


Toujours debout face à la mer, elle s’étira, goûta le vent et l’air salé, et offrit son visage à l’astre solaire. Fermant les yeux un instant, elle laissa ses paupières se faire traverser par la lumière et eut cette impression fugace de faire un avec elle. Les tons orangés néanmoins, papillonnèrent rapidement au rythme de ses pupilles qui allaient et venaient, impatientes, et en demande de paysages à sensations, pleins d’autres couleurs. Elle rouvrit les yeux et un sourire paisible vint camper sur ses lèvres.


Elle respira profondément. Comme c’était agréable.
 
Code rouge…
 
À quelques brasses du rivage, sur sa gauche, un gros rocher coupait la plage en deux. Il arrivait qu’en différentes saisons, une partie de cette énorme masse rouge et brune, aux aspérités coupantes ne soit pas immergée côté plage. Aujourd’hui cependant, la base était entièrement invisible, l’eau, gourmande, rampant plus haut sur le sable.


Comme elle venait chaque année, elle avait immédiatement remarqué ce débordement inhabituel… L’eau avait pris ses aises, la plage en était raccourcie, et les rochers à droite, qui abordaient un bord de mer montagneux, n’offraient plus autant d’endroits pour se prélasser.


Elle étudia la côte, huma encore l’air et apprécia les gouttelettes marines que les vagues dispersaient en frappant la roche. Elle se trouvait à quelques mètres sur le sable sec, mais la force du vent était suffisamment puissante pour en apporter les embruns salés et frais qui s’éparpillaient autour d’elle. Elle goûta le sel qui se déposait doucement sur ses lèvres.


Un mouvement sur sa gauche attira son attention. Il semblait qu’un villageois était sorti du sommeil plus tôt que ses congénères et avait su profiter de l’aubaine d’une mer abandonnée par les touristes, car elle remarqua une canne à pêche qui émergeait de derrière le rocher. D’une longueur impressionnante, elle s’étirait quasiment à la verticale juste à droite du centre du sommet déchiqueté de la roche. Le pêcheur, qui avait dû arriver bien avant elle, invisible et silencieux, s’apprêtait sans doute à agacer le poisson en se prélassant sous les rayons d’un soleil déjà chaud.


Elle disposa une rabane au sol. Au cas improbable où elle irait se baigner, elle tenait à laisser sa serviette dans son sac, hors du sable. Elle n’aimait pas trop s’essuyer avec l’impression de se passer à la toile Émeri. Si elle se baignait, le soleil et le vent la sécheraient, et il serait toujours temps de s’envelopper du tissu moelleux et doux si le besoin s’en faisait ressentir.


Elle espéra que durant ces quelques jours, elle aurait beau temps… Le soleil de France avait quelque peu boudé ces temps-ci, et les prières des vacanciers déçus n’y avaient rien fait, il était resté sourd.


Elle fit couler du sable entre ses doigts. C’était une sensation délicieuse. Elle imagina la somme de connaissances et de secrets enfouis dans ces simples grains… un seul d’entre eux était un puits de savoir. Elle joua avec cette poudre de soie, essayant d’imaginer les transformations de la croûte terrestre qui avaient apporté ces grains dorés. Ils étaient pleins de secrets tellement vieux, et peut-être aussi tellement rejoués par une nature patiente et téméraire. Que savaient-ils des hommes, qu’avaient-ils vus de cette évolution qui avait apporté l’humanité sur Terre ?


Sa pensée divagua tout en observant la longue canne fine qui dépassait du rocher. Elle s’attarda sur le mouvement particulier imprimé par le pêcheur qui semblait inexpérimenté ou peut-être un peu impatient. Ce dernier avait une façon bien intrigante de la manier, car il donnait l’illusion que le promontoire rocheux suivait légèrement l’impulsion du déplacement. La houle environnante était sans doute la raison de cet effet d'optique. Elle en avait le tournis.  


Elle laissa son regard planer un instant au-dessus de l’énorme masse assaillie par les frappes régulières d’une eau houleuse, pour revenir se poser sur les vagues qui remontaient le sable, mangeant la plage de leur écume goulue. Le ressac était fort, et son attention, qui s’était jusque-là portée sur le plaisir de retrouver ces lieux, pleins de ces surprenantes vagues immenses, s’aiguilla sur un fait qu’elle n’avait pas encore remarqué.  


à suivre http://voyagination.forumactif.org/t626-peche-decrevisses-2-2-trop-tard#4731

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Pêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme :: Commentaires

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Re: Pêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme
Message le 03.01.17 16:21 par Vividecateri
remarqué quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii??? je file au second kissous
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Re: Pêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme
Message le 03.01.17 17:01 par Claire Obscur
à toute !
 

Pêche d’écrevisses 1/2- 1ère alarme

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